Route du Rhum 2026 : les favoris et les classes sous tension après la jauge réduite

Route du Rhum 2026 : les favoris et les classes sous tension après la jauge réduite

La Route du Rhum 2026 s’annonce plus sélective avec 117 bateaux au départ. Analyse des classes, des favoris et des effets de cette jauge resserrée.

dimanche 7 juin 2026 Par Capitaine 5 min de lecture
Compétitions nautiques
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Route du Rhum 2026 : une jauge resserrée qui change le visage de la course

La Route du Rhum 2026 partira de Saint-Malo le 1er novembre à 13h02, avec une donnée qui pèse tout de suite dans l’analyse : 117 bateaux retenus, contre 139 en 2022. Pour une transat en solitaire de plus de 3500 milles nautiques vers Pointe-à-Pitre, ce tri plus sévère annonce une édition où la densité sportive comptera autant que le nombre.

Je lis cette réduction comme un choix de caractère. Moins de places, davantage d’exigence, et une ligne de départ qui devrait rassembler un plateau plus lisible, plus solide et plus tranchant. La course garde son statut de monument, mais elle met la barre plus haut pour entrer dans le jeu.

Départ de la Route du Rhum à Saint-Malo, flotte dense de voiliers et trimarans.
Départ de la Route du Rhum à Saint-Malo, flotte dense de voiliers et trimarans.

Six classes, six lectures de la course

Cette édition réunit six classes : Ultim, IMOCA, Ocean Fifty, Class40, Vintage Multi et Vintage Mono. Les nouvelles catégories Vintage remplacent les anciennes divisions Rhum Mono et Rhum Multi. Les Vintage Mono regroupent les monocoques d’au moins 39 pieds, tandis que les Vintage Multi couvrent les multicoques de 38 à 79 pieds, avec notamment le retour des trimarans Orma.

Sur le papier, cette architecture donne une course plus compacte, mais aussi plus nette à suivre pour le public et plus sélective pour les skippers. La bataille ne se jouera pas seulement entre bateaux rapides. Elle se jouera aussi sur la capacité à décrocher sa qualification, à tenir la distance et à éviter l’erreur dans une flotte moins chargée, mais plus relevée.

ClasseLecture sportiveNoms à suivre
UltimPlateau réduit, niveau très élevéCaudrelier, Le Cléac'h, Laperche, Coville
IMOCAChamp très dense malgré moins d'inscritsBeyou, Goodchild, Ruyant, Dorange, Bonafous
Ocean FiftyCourses serrées et écarts minimesVauchel-Camus, Bourgnon, Berry, Le Berre
Class40Catégorie la plus fournieDouguet, Delahaye, Lipinski, Nebout, Loison

Ultim : les grands favoris restent au premier plan

La classe Ultim comptera six trimarans confirmés, avec une option pour un septième si Guirec Soudée réunit les partenaires nécessaires. Dans ce groupe, le nom de Charles Caudrelier s’impose naturellement. Tenant du titre sur Maxi Edmond de Rothschild, il arrive avec un bateau neuf et une vraie crédibilité sportive.

Armel Le Cléac'h, sur Maxi Banque Populaire XI, reste l’autre figure majeure. Il court après une première victoire sur le Rhum, ce qui suffit à faire monter la pression d’un cran. Tom Laperche, engagé pour sa première participation en solitaire sur SVR Lazartigue, attire aussi l’attention. Le niveau du bateau et le contexte rendent sa candidature sérieuse, même si l’inconnue d’une première en solo compte toujours.

Thomas Coville sur Sodebo Ultim 3, Anthony Marchand sur Actual Ultim 4 et Louis Burton sur Ultim Armand Thiery complètent un groupe capable de faire sauter le classement sur un incident ou une option météo bien menée.

Mon regard sur l’Ultim

Si je devais hiérarchiser, Caudrelier et Le Cléac'h sortent du lot pour la victoire au général, avec Laperche en candidat très crédible pour bousculer l’ordre établi. Mais sur une transat en solitaire, je me méfie des pronostics trop confortables. La mer rappelle vite qui commande.

IMOCA : un plateau moins vaste, mais très coriace

La classe IMOCA aligne 26 skippers. Le chiffre baisse par rapport aux annonces initiales, mais le niveau reste franchement élevé. Ici, j’attends une bagarre tactique plus qu’un simple duel de vitesse pure.

Jérémie Beyou sur Charal et Sam Goodchild sur Macif Santé Prévoyance figurent parmi les favoris les plus solides. Thomas Ruyant, tenant du titre sur TR Racing, garde une vraie valeur de menace malgré des contraintes de sponsoring qui compliquent son dossier. Violette Dorange avec Initiatives Coeur et Elodie Bonafous avec Association Petits Princes - Quéguiner ajoutent une dimension sportive très intéressante à ce plateau.

J’avais déjà vu, sur des courses comme le Vendée Globe, à quel point un groupe IMOCA dense peut se resserrer autour d’un ou deux détails de navigation. La Route du Rhum a ce même pouvoir de sanction rapide.

Ocean Fifty : la classe du moindre écart

Les Ocean Fifty affichent complet avec 11 skippers, et cela promet une course nerveuse. En 2022, 18 minutes séparaient les deux premiers, ce qui donne une idée très claire du niveau de compression du classement.

Thibault Vauchel-Camus sur Solidaires en Peloton arrive avec son expérience. Face à lui, Basile Bourgnon sur Edenred et Luke Berry sur Le Rire Médecin Lamotte peuvent jouer les trouble-fête. Anne-Claire Le Berre sera aussi un nom à suivre, avec une présence qui marque un retour notable dans cette classe.

Dans ce type de flotte, le départ, le placement et la lecture du vent pèsent lourd. Je range souvent les Ocean Fifty parmi les catégories où un bon coup tactique vaut presque autant qu’un bon bateau.

Class40 : la catégorie la plus fournie, et la plus ouverte

La Class40 totalise 49 bateaux, un record. Malgré la hausse des coûts, cette classe reste la plus vivante du lot, avec une vraie profondeur de flotte et des profils variés.

Corentin Douguet sur SNSM Faites un don ! part avec le statut de prétendant sérieux après sa 3e place en 2022. Fabien Delahaye sur Legallais, vainqueur de la Transat Jacques Vabre 2023, apporte un palmarès très parlant. Ian Lipinski sur Crédit Mutuel, Achille Nebout sur Amarris et Alexis Loison sur Réel complètent un groupe où les écarts devraient rester serrés.

Pour suivre les évolutions de la flotte et les confirmations de candidatures, le site officiel de la course reste la meilleure porte d’entrée, notamment via la page des candidatures ouvertes.

Ce que change vraiment la réduction à 117 bateaux

  • un accès plus sélectif à la ligne de départ
  • un plateau plus resserré, donc plus lisible sportivement
  • une pression accrue sur chaque qualification
  • une valorisation plus forte des favoris et des bateaux les mieux préparés
  • moins de volume, mais davantage d’intensité sur chaque classe

Cette logique de sélection rappelle ce que j’ai observé sur les grandes courses au large : quand le nombre baisse et que le niveau monte, la moindre faiblesse se voit plus vite. La Route du Rhum 2026 garde son souffle d’aventure, mais elle prend aussi une allure de grande revue des forces. Pour comparer cette montée en exigence à d’autres batailles récentes, mon retour sur l’Arkea Ultim Challenge 2023 éclaire bien la logique des grands plateaux d’élite.

Le vrai message de cette édition est simple : la Route du Rhum ne cherche pas à remplir la ligne, elle cherche à rassembler les meilleurs candidats possibles à la victoire. Et cela, en mer, change tout.