Ce que 2026 change pour la plaisance en France
Pour naviguer sereinement en 2026, nous devons garder un œil sur trois points qui pèsent vraiment en mer comme à quai : le permis, l’armement de sécurité et les documents à bord. La réglementation française ne se contente pas d’ajuster quelques détails. Elle précise les responsabilités du chef de bord, renforce certaines obligations et rappelle que la conformité se vérifie autant sur le papier que sur l’eau.1

Permis plaisance : examen, format et catégories
Depuis le 1er juin 2022, l’examen théorique du permis plaisance pour les options côtière et eaux intérieures n’est plus organisé directement par l’État. Des organismes privés agréés assurent la passation et la surveillance. Le questionnaire est passé à 40 questions, avec toujours 5 erreurs maximum. Les thèmes restent ceux que nous rencontrons sur l’eau : balisage, règles de barre et de route, sécurité, météo simple et usage de la VHF.
Depuis octobre 2024, le permis est délivré dans un format plastifié proche d’une carte bancaire. Ce support, plus lisible et plus robuste, comporte un QR code et plusieurs traductions. Il n’a pas de date d’expiration.
- Permis côtier : navigation en mer jusqu’à 6 milles d’un abri et sur les eaux intérieures
- Permis fluvial : navigation sur les eaux intérieures uniquement
- Extension hauturière : navigation au delà de 6 milles sans limite en mer
- Extension grande plaisance eaux intérieures : adaptée aux bateaux de grande longueur ou forte puissance
- Jet ski : permis côtier obligatoire dès 6 CV
Pour préparer un embarquement cohérent avec votre niveau et votre programme de navigation, nous vous conseillons aussi de consulter notre guide sur choisir l’équipement nautique adapté à chaque discipline.
Division 240 : les équipements qui changent selon la distance d’un abri
La Division 240 encadre les navires de plaisance de moins de 24 mètres utilisés à titre personnel ou pour la formation. Elle fixe les zones de navigation selon l’éloignement d’un abri, avec des exigences qui montent à mesure que l’on s’éloigne du littoral.1
| Zone | Distance d’un abri | Point clé |
|---|---|---|
| Basique | Jusqu’à 2 milles | Armement adapté à une navigation très proche du rivage |
| Côtière | Jusqu’à 6 milles | Navigation de proximité, avec matériel réglementaire renforcé |
| Semi-hauturière | De 6 à 60 milles | Équipement de sécurité plus complet et vigilance accrue |
| Hauturière | Au delà de 60 milles | Préparation technique et matérielle nettement plus poussée |
Ce qu’il faut avoir en semi-hauturier
Pour la navigation semi-hauturière, la règle est claire : nous devons embarquer un gilet de sauvetage de 150 N minimum par personne, avec un dispositif de repérage lumineux individuel. Cela peut prendre la forme d’une lampe flash, d’une torche étanche ou d’un cyalume offrant 6 heures d’autonomie.
Autre obligation à retenir : pour tout navire à moteur hors-bord, le coupe-circuit doit être porté. Et dès que le bateau est équipé d’une VHF, fixe ou portable, la veille du canal 16 reste de mise, en plus de la veille visuelle et auditive.
La division rappelle aussi le rôle du chef de bord. À lui de vérifier que l’armement est complet, que les notices d’utilisation sont à bord et que le matériel correspond bien à la zone visée. Pour une navigation plus large, notre article sur la sécurité en eaux intérieures peut aussi servir de base utile.
Les documents à garder à bord
Sur ce point, mieux vaut préparer la pochette avant le départ que la chercher sous pression au contrôle. Le certificat d’enregistrement doit être à bord en permanence. Depuis 2022, il remplace l’ancienne logique entre immatriculation et acte de francisation pour de nombreuses embarcations concernées, et il est délivré gratuitement via le portail officiel des démarches plaisance.
- certificat d’enregistrement
- permis plaisance si nécessaire
- attestation d’assurance
- documents liés à la VHF ou aux équipements radio
- déclaration UE de conformité
- manuel du propriétaire
- preuves du marquage CE
- identification discrète du bateau, avec numéro WIN
Selon la zone de navigation, nous devons aussi disposer des documents nautiques utiles à la route : cartographie SHOM, RIPAM, balisage, annuaire des marées, ports rattachés, courants et coefficients de marée, surtout pour le côtier jusqu’à 6 milles d’un abri.
Amendes et sanctions : ce que l’on risque vraiment
La réglementation ne se limite pas à une remarque lors d’un contrôle. Elle prévoit des amendes qui peuvent vite peser sur une sortie mal préparée.
- navigation sans permis : jusqu’à 1 500 €
- équipement manquant : 750 € par élément absent
- défaut d’immatriculation interne : jusqu’à 1 500 €
- ivresse manifeste à la barre ou défaut de maîtrise : amende de 4e classe, suspension possible du permis jusqu’à un an, confiscation possible dans les cas les plus graves
L’alcoolémie reste calée sur la règle routière, avec un seuil de 0,5 g/L. Rien de très romantique, mais la mer n’a jamais eu beaucoup d’humour avec ce sujet.
Protéger le milieu marin fait partie du programme
La plaisance de 2026 s’inscrit aussi dans une logique environnementale plus nette. Le rejet des eaux usées est interdit dans les eaux intérieures et les zones portuaires. Les eaux noires doivent être vidangées dans les installations prévues à cet effet. Même logique pour les déchets, hydrocarbures et produits chimiques, qui ne doivent jamais finir à la mer.
En Méditerranée, la protection des herbiers de posidonie impose des restrictions de mouillage dans certaines zones. Le bon réflexe reste simple : réduire la vitesse près des côtes, éviter les secteurs sensibles, limiter le mouillage sur herbier et entretenir régulièrement le moteur. C’est aussi une manière de prolonger la qualité de nos navigations, sans abîmer le terrain de jeu.
Pour aller plus loin sur les gestes utiles, notre page sur protéger le milieu marin par des gestes durables complète bien cette approche.
Sources
1. mer.gouv.fr
2. Legifrance