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Route du Rhum 2026 : le bilan du mardi 3 novembre, classements et avaries

Tom Laperche, Corentin Horeau et Basile Bourgnon mènent leur classe au pointage du 3 novembre. La journée a aussi été marquée par plusieurs avaries et un abandon.

Par Capitaine 5 min de lecture
Route du Rhum 2026 : le bilan du mardi 3 novembre, classements et avaries

Point de fin de journée : une Route du Rhum déjà très dense

Le mardi 3 novembre, la Route du Rhum 2026 a offert un mélange assez typique de cette course quand elle monte en régime : des vitesses élevées, des options tactiques qui s’écartent franchement, et des coups d’arrêt qui rappellent à tout le monde qu’en Atlantique rien n’est simple. Deux jours après le départ de Saint-Malo, la flotte avait déjà vécu son lot de casse, de réparations et de décisions à prendre vite.

Je retiens surtout une chose de cette journée : les écarts ne viennent pas seulement de la vitesse pure, mais aussi de la capacité à encaisser les transitions météo sans se mettre hors-jeu.

Trimaran naviguant en mer agitée sous ciel contrasté, voiles chargées et ambiance spectaculaire au large.
Trimaran naviguant en mer agitée sous ciel contrasté, voiles chargées et ambiance spectaculaire au large.

Classements au pointage du mardi 3 novembre

Les positions bougeaient encore, mais les leaders de chaque classe commençaient à se détacher clairement.

ClasseEn tête au pointagePoursuivants
UltimTom Laperche, SVR-LazartigueArmel Le Cléac'h, Thomas Coville
IMOCACorentin Horeau, MACSFAmbrogio Beccaria, Sam Goodchild
Ocean FiftyBasile Bourgnon, EdenredPierre Quiroga, Thibaut Vauchel-Camus
Class40Guillaume PirouellePierre Leboucher, Jules Bonnier
Vintage MultiDavy Seguinen
Vintage MonoK. Le Borgne

Ultim : Tom Laperche imprime le tempo

Chez les Ultim, Tom Laperche (SVR-Lazartigue) gardait la main. Sa journée a été marquée par une vitesse impressionnante, avec 775 milles parcourus en 24 heures. Il poursuivait sa route vers les Açores, tandis qu’Armel Le Cléac’h et Thomas Coville restaient dans le match, sans bénéficier d’une navigation simple après le passage d’un front dans la nuit de lundi à mardi.

Le dossier du jour, c’est aussi l’avarie de Charles Caudrelier. Le tenant du titre a signalé un gros souci sur son foil bâbord tôt mardi matin, alors qu’il se trouvait à environ 400 milles au nord des Açores. Il naviguait alors en quatrième position. Le skipper est sain et sauf, mais la suite de sa course se jouait déjà avec son équipe à terre.

IMOCA : Corentin Horeau prend les commandes

La flotte IMOCA a vu Corentin Horeau (MACSF) prendre le leadership. Derrière lui, Ambrogio Beccaria et Sam Goodchild restaient bien placés, mais l’Italien décrivait une course dure, avec des petits problèmes de rythme qui lui coûtaient de l’énergie.

Violette Dorange, elle, devait composer avec une situation délicate après sa collision avec le trimaran de Romain Pilliard peu après le départ. Son IMOCA a dû rejoindre Lorient pour réparation, et malgré des dégâts importants, elle n’envisageait pas l’abandon.

Ocean Fifty : Basile Bourgnon va très vite, très fort

En Ocean Fifty, Basile Bourgnon conservait la tête devant Pierre Quiroga et Thibaut Vauchel-Camus. Le duo vitesse et vibrations était au rendez-vous, au point que Bourgnon a décrit la sensation à bord avec des mots simples : « on a l’impression de rouler sur du gravier. Ça va tellement vite que ça vibre de partout ». Son maxi a même enregistré une pointe à 43,1 nœuds dans la nuit de dimanche à lundi.

Pour suivre l’évolution du dossier de cette flotte, je renvoie aussi à mon point du matin sur les classements, les avaries et la météo.

Class40 : options divergentes et gros écarts

Chez les Class40, Guillaume Pirouelle pointait devant Pierre Leboucher et Jules Bonnier. La journée a surtout montré des trajectoires très différentes, avec plus de 200 milles entre les options les plus au nord et les plus au sud. À ce stade de la course, ce genre d’écart n’est pas un détail de cartographie. Il peut peser lourd sur la suite.

Vintage : les références restent en tête

En Vintage Multi, Davy Seguinen occupait la première place. En Vintage Mono, K. Le Borgne était devant. Des catégories plus discrètes dans le suivi médiatique, mais bien présentes dans le tableau d’ensemble de cette Route du Rhum.

Les faits marquants du mardi 3 novembre

  • Charles Caudrelier a subi une avarie majeure sur son foil bâbord.
  • Fabien Delahaye a annoncé son abandon après une blessure à la cheville.
  • Ambrogio Beccaria a signalé une fuite d’eau à l’arrière de son bateau et un réchaud hors service.
  • Francis Joyon, après son chavirage de lundi, a été secouru par le cargo Maersk Columbus et faisait route vers l’Irlande.
  • Anthony Marchand a dû se diriger vers l’Irlande pour faire diagnostiquer un problème sur son safran central.
  • Violette Dorange a rejoint Lorient pour réparer son bateau après sa collision du départ.

La journée a aussi confirmé ce que les skippers répètent souvent quand le front météo passe et que la mer se forme : la fatigue monte vite, et chaque manœuvre finit par coûter cher physiquement. Armel Le Cléac’h a parlé d’un travail soutenu à bord, avec une navigation énergivore. Ce n’est pas une formule de confort. C’est le quotidien d’un bord engagé dans une course au large de haut niveau.

Arrivées en Guadeloupe et temps de course

Aucune arrivée n’a eu lieu ce mardi 3 novembre. C’est logique, puisque le départ de Saint-Malo n’avait été donné que deux jours plus tôt, le dimanche 1er novembre à 13 h 02. Les premières arrivées sont attendues à partir du 7 ou du 8 novembre pour les Ultim, puis la suite du peloton s’étalera sur les jours suivants.

Le record de référence reste celui de Charles Caudrelier, établi en 2022 en 6 jours 19 heures 47 minutes et 25 secondes. Pour l’instant, personne n’a encore pu s’en approcher, et la météo à venir garde la main sur le scénario.

Météo à venir : accélérations possibles, vigilance obligatoire

Selon METEO CONSULT, partenaire météo de la course1, les prochains jours peuvent offrir de belles accélérations, mais aussi des conditions plus exigeantes. Les Ultim et les Ocean Fifty semblent particulièrement exposés à des transitions délicates, avec des changements de direction du vent et des zones de pression à négocier sans se découvrir.

La fatigue commence à peser chez les leaders, surtout dans les Ultim, qui doivent composer avec une dorsale anticyclonique. Pour les skippers, la suite dépendra moins d’une impulsion héroïque que d’une gestion propre du bateau, du sommeil et des choix de route.

Pour garder un œil sur le cadre global de l’épreuve, jetez aussi un coup d’œil à la liste des skippers engagés classe par classe.

Sources

1. METEO CONSULT, bulletin et suivi Route du Rhum du 3 novembre 2026.

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Questions fréquentes

Vos questions

Y a-t-il eu une arrivée en Guadeloupe le 3 novembre 2026 ?
Non. Le départ ayant eu lieu le 1er novembre, aucune arrivée n’a encore été enregistrée ce mardi 3 novembre.
Quel record sert de référence sur cette édition ?
Le temps de référence reste celui de Charles Caudrelier en 2022, en 6 jours 19 heures 47 minutes et 25 secondes.
Quel fait marquant a le plus pesé sur la journée ?
L’avarie du foil bâbord de Charles Caudrelier a marqué les esprits, avec plusieurs autres incidents en parallèle sur la flotte.

Écrit par

Capitaine

Skipper professionnel et instructeur de voile depuis 12 ans, j'écris des guides pratiques et des récits de navigation pour aider plaisanciers et aventuriers à prendre la mer en confiance. Passionné par la sécurité à bord et les itinéraires côtiers, je combine conseils techniques et anecdotes de voyage. Sur A Babord, je publie des tutoriels, des comptes rendus de régates et des tests d'équipements vérifiés.