24H ULTIM 2026 à Lorient : le grand test des trimarans géants
Du 24 au 27 septembre 2026, Lorient remettra les compteurs à zéro pour une édition très attendue des 24H ULTIM. Cette cinquième édition, organisée par Ultim Sailing, rassemble les trimarans les plus rapides de la planète pour un exercice que j’aime voir comme un banc d’essai grandeur nature : vite, longtemps, et sans la moindre place pour l’à-peu-près. La date n’a rien d’anodin, puisque l’épreuve arrive à six semaines du départ de la Route du Rhum - Destination Guadeloupe, prévu le 1er novembre 2026.¹
Lorient offre pour cela un terrain de jeu cohérent. Le Pôle Course au Large, installé à Lorient La Base, concentre des moyens techniques rares et une vraie culture de la course au large. Pour les équipes, c’est une rampe de lancement idéale avant les grandes traversées. Pour le public, c’est une occasion nette de voir ces machines à haute tension évoluer de près. 
Un format qui garde son ADN
Les 24H ULTIM ne cherchent pas l’effet décoratif. Le programme reste fidèle à l’esprit de la série : des runs de vitesse le jeudi 24 septembre en rade de Lorient, puis une course d’endurance de 24 heures sur une boucle atlantique d’environ 500 milles nautiques, avec un départ donné le vendredi 25 septembre à 13 h. Le principe du faux solo impose une pression particulière : le skipper tient la barre seul, tandis que d’autres personnes peuvent embarquer pour des fonctions limitées et précises.
Ce format casse le rythme des grandes transocéaniques classiques. Pas de gestion tranquille, pas de respiration longue. Ici, tout s’enchaîne. Le bateau doit avancer vite, mais aussi rester cohérent mécaniquement. C’est souvent là que se joue la différence entre une démonstration de force et une vraie maîtrise.
Pourquoi cette course compte autant
À ce stade de la saison, les équipes cherchent surtout à valider. Valider les choix techniques de l’été, vérifier les modifications, pousser les bateaux à leur plafond utile sans franchir la ligne rouge. Les Ultim sont capables de tenir des moyennes supérieures à 30 nœuds et de couvrir souvent plus de 800 milles en 24 heures. Sur le papier, le spectacle est là. Dans les faits, cela ressemble aussi à un crash-test contrôlé pour les foils, la direction et l’ensemble de la structure.
Je vois dans cette épreuve une vérité assez simple : le gain de performance n’existe que s’il s’accompagne d’une fiabilité suffisante. Un bateau qui vole vite mais casse tôt ne règle rien. Les équipages doivent donc arbitrer en permanence entre audace et préservation.
La course récompense autant la vitesse pure que la capacité à encaisser l’effort sans abîmer le bateau.
Les ULTIM, des géants conçus pour voler
La classe ULTIM, aussi appelée Ultim 32/23, réunit des trimarans de course au large à la fois immenses et très spécialisés. Leur conception repose sur des décennies de recherche et développement. Les foils leur permettent de s’alléger sur l’eau, au point de donner cette impression de vol qui fascine le public et oblige l’équipe technique à une vigilance de tous les instants.
| Caractéristique | Donnée clé |
|---|---|
| Longueur maximale | 32 mètres |
| Largeur maximale | 23 mètres |
| Tirant d’air | Jusqu’à 38,4 mètres |
| Vitesse observée | Peut approcher 100 km/h |
Ces chiffres donnent une idée de l’échelle, mais ils ne racontent pas tout. Sur l’eau, chaque système compte. Le moindre réglage influe sur le comportement du bateau, surtout quand les vitesses montent et que la mer ne pardonne rien. C’est précisément ce qui fait l’intérêt de la classe ULTIM : elle pousse la voile moderne vers ses limites utiles.
Une affiche élargie avec la classe Ocean Fifty
L’édition 2026 ne se limite pas aux ULTIM. La course est aussi ouverte à la classe Ocean Fifty, ce qui ajoute un niveau de lecture supplémentaire pour le public. Deux familles de trimarans très rapides sur la même scène, cela donne une journée plus riche, plus lisible, et un peu plus exigeante pour ceux qui aiment comparer les styles de navigation et les stratégies.
Pour suivre la dynamique du grand large et situer cette épreuve dans la saison, vous pouvez aussi lire notre dossier sur la Route du Rhum 2026. Je conseille aussi un détour par les grands rendez-vous nautiques à surveiller en 2026.
Les skippers attendus à Lorient
Cette édition devrait réunir plusieurs noms très suivis de la course au large, parmi lesquels Armel Le Cléac'h, Thomas Coville, Tom Laperche, Anthony Marchand et Louis Burton. Sur ce type d’épreuve, la présence de ces skippers ajoute une dimension supplémentaire : chacun vient avec son style, sa lecture du risque et sa manière de chercher la vitesse sans casser le bateau.
- Armel Le Cléac'h sur Banque Populaire XI
- Thomas Coville sur Sodebo Ultim 3
- Tom Laperche sur SVR-Lazartigue
- Anthony Marchand sur Actual Ultim 4
- Louis Burton sur Armand Thiery
À Lorient, l’intérêt ne tient pas seulement au palmarès. Il tient à la lecture de la mer, à la tenue du matériel et à la capacité d’aligner vitesse et lucidité pendant 24 heures. C’est ce mélange qui fait la valeur sportive des 24H ULTIM. Et c’est aussi ce qui en fait un vrai marqueur avant les grandes traversées transocéaniques.
Sources
1. Bretagne Nautisme
2. Classe Ultim