Signaux nautiques

Naviguer en toute sécurité est essentiel pour la protection des navires et, surtout, pour la vie des personnes à bord. C’est pourquoi il est nécessaire d’avoir une connaissance approfondie des signaux indiquant les dangers et les obstacles, des feux de manœuvre pour se coordonner avec les autres navires et des feux de navigation de nuit. Voici tout ce que vous devez savoir sur les méthodes de communication, les codes et les signaux nautiques.

Lors de la navigation en mer, de nombreux dangers sont directement liés à la morphologie de la côte et des fonds marins, à la présence d’objets immergés ou semi-immergés, à la présence ou à l’absence de chenaux navigables pour s’approcher de la côte et à d’autres situations qu’il est bon de connaître en temps utile. C’est pourquoi il est important de considérer le permis nautique, qui représente une occasion unique d’apprendre des notions utiles, notamment la signalisation maritime et l’indication des dangers.

Comment passer un permis de navigation de plaisance

Il existe une organisation internationale (IALA-Association internationale des autorités de phares) qui a pour mission d’harmoniser et d’homogénéiser la signalisation maritime dans le monde entier afin de permettre, par exemple, à un armateur italien naviguant à l’autre bout du monde de communiquer en toute sécurité sans courir le risque de mal interpréter un signal.

La fiabilité et la précision élevées atteintes aujourd’hui par les systèmes de navigation numérique – dotés d’une cartographie fréquemment mise à jour et capables de détecter les signaux de danger ou d’incohérence par les utilisateurs eux-mêmes – permettent de naviguer de manière beaucoup plus sûre que par le passé. Les signaux doivent cependant être connus dans tous les cas, car il suffit d’une erreur minime du GPS pour dériver dangereusement vers une terre ferme, un rocher ou un autre danger, et la possibilité d’interférence des signaux n’est pas si éloignée, notamment à proximité des aéroports ou des installations militaires sensibles.

Les signaux maritimes sont divisés en :

– Signaux latéraux

– Signaux cardinaux

– Signaux de danger isolés

– Signes de sécurité de l’eau

– Signaux spéciaux

Signalisation temporaire des épaves

Signaux maritimes

Les signaux maritimes indiquent normalement un obstacle ou une manœuvre précise à effectuer pour naviguer en toute sécurité. Ils sont indiqués par des bouées colorées et lumineuses composées d’un corps principal, d’un appendice (appelé mirage) et de feux supplémentaires pour la navigation de nuit.

Signaux latéraux

Dans le cas des signaux latéraux, l’AISM divise le monde en zone A et zone B ; la première comprend l’Europe et le reste de la planète à l’Est, à l’exception de la Corée, du Japon et des Philippines, qui, avec les Amériques, font partie de la zone B. Pour des raisons d’intérêt, nous allons traiter spécifiquement de la zone A, mais pour avoir une idée de la zone B, sachez que ce qui suit est simplement inversé.

Le signal de couleur rouge avec feu rouge de nuit signifie que l’on doit quitter la route à gauche et passer à tribord pour éviter un obstacle ou suivre le cours d’un chenal navigable. Le même signal, mais de couleur verte, signifie que le passage est autorisé en quittant le signal à tribord, donc en passant à gauche.

signaux latéraux Signaux latéraux. Source : aulanautica.org.

Il existe également une variante à ce type de signal, normalement à la bifurcation d’un canal avec la tâche d’indiquer la direction préférée : si le signal est à gauche, le canal préféré sera à droite et vice versa.

Signaux cardinaux

Les signaux cardinaux ont pour mission de suggérer un danger au nord, au sud, à l’ouest ou à l’est du signal sur le point cardinal opposé. Il y a quatre signaux dans ce cas :

  • Signal suggérant le passage vers le Nord, noir sur jaune avec deux cônes dont les sommets sont orientés vers le haut.
  • Signal suggérant le passage vers le Sud, jaune sur noir avec deux cônes avec des sommets vers le bas.
  • Signal suggérant le passage à l’Est, noir avec une bande horizontale jaune et avec deux cônes aux sommets opposés.
  • Signal suggérant le passage vers l’Ouest, jaune avec une bande horizontale noire et avec deux cônes dont les sommets sont en contact l’un avec l’autre (contigus, adjacents, vers l’intérieur ?).

Lors de la navigation de nuit, ces signaux émettent des lumières pour aider les navigateurs à les identifier avec précision ; avec un peu d’entraînement, ils peuvent être mémorisés assez facilement :

  • Nord : lumière clignotante continue
  • Sud : feu clignotant par groupes de 3 + feu clignotant long + éclipse
  • Est : lumière clignotante par groupes de 3 + éclipse
  • Ouest : lumière clignotante par groupes de 9 + éclipse
signaux cardinaux Signaux cardinaux. Source : aulanautica.org.

Signaux de danger isolés

Le signal de danger isolé est utilisé pour signaler un danger d’étendue limitée et entouré d’eaux libres et navigables. Dans la plupart des cas, il indique un haut-fond, un rocher ou un encombrement des moyens de travail temporaire.

La forme de la bouée de signalisation est libre – généralement en forme de fuseau ou de tige – et noire avec une ou plusieurs bandes rouges, tandis que le mirage est constitué de deux sphères noires superposées ; pour signaler les obstacles la nuit, le feu est blanc, clignotant et par groupes de deux pendant 5-10 secondes.

Signaux de danger isolés Signes de danger isolés. Source : aulanautica.org

Signaux d’eau potable

La tâche du signal des eaux sûres est d’indiquer les eaux navigables sûres à proximité : ils sont situés près des zones de débarquement ou au milieu des canaux pour indiquer les zones sûres. La bouée de marquage est de type sphérique, en fuseau ou en tige, avec des bandes verticales rouges et blanches et un artimon sphérique rouge. La signalisation nocturne se fait à nouveau au moyen d’une lumière blanche, mais avec un seul flash de 10 secondes ou l’émission de la lettre A de l’alphabet Morse (un flash court suivi d’un long).

Signaux d'eau potable Signaux de danger isolés. Source : aulanautica.org.

Signaux spéciaux

signaux spéciaux Signaux spéciaux. Source : aulanautica.org.

Utilisés pour marquer les zones militaires, les zones marines protégées, les oléoducs, les pipelines et les bouées d’acquisition de données – c’est-à-dire toutes ces situations particulières dont les détails sont indiqués sur les cartes marines – les signaux spéciaux mettent en évidence une zone avec des limites de navigation. Les bouées qui marquent ces zones n’ont pas de forme définie, mais se distinguent des autres signaux par leur couleur jaune caractéristique et leur mirage en forme de X ; toute lumière nocturne est jaune, couleur exclusive des signaux nautiques.

Signalisation temporaire des épaves

Le but de ce signal est d’indiquer la présence d’une épave coulée ou dangereuse pour la navigation, il faut s’en éloigner. Elle est réalisée avec une bouée à fuseau ou à tige avec des bandes verticales bleues et jaunes (4 à 8 bandes) ; le mirage, s’il est présent, est une croix jaune verticale. Pour la signalisation de nuit, le feu est bicolore bleu/jaune alternant avec une période de 3 secondes.

Signalisation temporaire des épaves Signalisation temporaire des épaves. Source : aulanautica.org

Lanternes

Nous avons vu jusqu’à présent les signaux que l’on peut rencontrer en mer en naviguant principalement sous la côte. L’aspect fondamental à prendre en compte est que, pour la sécurité de la navigation de nuit et pour tous les bateaux de plus de 7 mètres de long, il faut montrer des lumières pour indiquer le côté et la direction du bateau : les lanternes.

Un vieil adage dit plus ou moins ceci : “Donnez du rouge au rouge, du vert au vert, et le navire n’est pas perdu”. Si vous regardez l’embouchure des ports, vous pouvez constater que les feux d’entrée sont verts à tribord et rouges à bâbord, exactement comme sur les bateaux, et que par conséquent, en donnant du “vert à vert” à l’embouchure et du “rouge à rouge”, vous entrerez confortablement dans le port.

Lanternes Pour les bateaux de plus de 7 mètres, il est obligatoire d’afficher les feux indiquant le côté et la direction du bateau lors de la navigation de nuit : les feux. Photo : hinelson.com

Il y a un feu supplémentaire, le blanc à l’arrière, qui est essentiel pour s’orienter parmi les obstacles et les bateaux pendant la navigation de nuit. La combinaison de ces trois feux nous donne une idée assez fiable de la trajectoire : les deux feux de navigation (rouge et vert) ont chacun une largeur de 112,5º, tandis que le feu blanc est orienté à 135º vers l’arrière. Ainsi, si en naviguant nous voyons à la fois le vert et le rouge, l’unité qui arrive sera dirigée vers nous ; si nous ne voyons que le rouge, l’unité qui arrive aura une trajectoire parallèle et opposée et si nous voyons le blanc avec l’une des deux couleurs de voie, l’unité aura une trajectoire parallèle et dans la même direction. Il faut toujours garder à l’esprit que ces indications doivent toujours être croisées avec ses propres données cinématiques – qui doivent être mises à jour pour éviter les situations dangereuses – car il suffit que les routes convergent légèrement pour entraîner une collision.

Ces exemples se réfèrent à des navires de plus de 7 mètres (qui peuvent ne pas avoir de feux de navigation mais un seul feu blanc) et de moins de 12. Dans le cas d’une unité de 12 à 50 mètres de long, outre les feux de navigation verts et rouges et la couronne arrière blanche, elle présenterait un autre feu blanc en tête de mât avec un secteur éclairé de 225°. Si le navire fait plus de 50 mètres, les feux blancs de tête de mât deviennent deux. Il est essentiel de le savoir car, grâce au signal lumineux, nous pouvons avoir une idée assez précise de l’unité que nous observons, même s’il fait nuit noire. Il existe également d’autres feux utilisés dans des conditions particulières telles que la pêche, le remorquage ou les navires sur coussin d’air – l’aéroglisseur par exemple.

Critères de sécurité et communication nautique

La signalisation en mer a pour but d’éviter les accidents, sauvegardant ainsi les navires, mais surtout la vie des marins. C’est pourquoi toute personne ayant l’intention de naviguer de nuit doit se familiariser avec les caractéristiques des signaux et les méthodes de communication, en acquérant le plus de détails possible sur le sujet et en gardant toujours un vade-mecum à bord pour soutenir le timonier.

photos-blog-98 Drapeaux alphanumériques pour la communication nautique. La lettre, le code morse, la radio et la signification de chaque drapeau sont indiqués.

En ce qui concerne les dangers en mer, ils sont dans la plupart des cas évitables par une observation attentive et constante de notre environnement et en particulier de ce qui se trouve à notre proue. La signalisation maritime mérite d’être étudiée plus avant. Jusqu’à présent, nous avons essayé d’illustrer les conditions les plus courantes, mais il est bon d’acheter un texte contenant des illustrations de toutes les variables de signalisation du Code international des signaux.

Il serait très utile d’avoir à bord un tableau résumant la signification de chaque drapeau alphanumérique pouvant être arboré par une unité en mer. À titre d’exemple, une unité arborant la lettre A-Alpha, avec un drapeau bleu-blanc, informe les unités en transit dans les environs de la présence d’un plongeur et donc de la nécessité de s’en tenir à l’écart ; ou encore, le drapeau B-Bravo, de couleur rouge, signale la présence de matières explosives ou dangereuses à bord de l’unité qui l’arbore. Jusqu’à la lettre Z-Zulu, la signification de chaque drapeau est importante et doit être interprétée rapidement, c’est pourquoi nous suggérons d’avoir un tableau récapitulatif dans le cockpit ou sur le pont.

photos-blog-99 Drapeaux et numéros alphanumériques pour la communication nautique. La lettre/le numéro, le code morse, la radio et la signification de chaque drapeau sont indiqués.

En conclusion, la signalisation maritime est fondamentale pour la sécurité de la navigation, et sa connaissance devrait être une bonne pratique pour toute personne ayant l’intention de naviguer, quelle que soit la raison pour laquelle elle se trouve en mer. Un cours de permis bateau est certainement l’occasion d’apprendre toutes ces notions et de mettre en œuvre des petites astuces pour avoir toujours la bonne réponse lors de la navigation, même en observant des signaux inhabituels.

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